Sylvie et moi sommes amies de longue date. Nous nous sommes rencontrées en début de carričre, alors que nous étions toutes deux débutantes chez Hachette. Depuis, nos vies ont pris des tours différents, mais nos relations sont demeurées excellentes. Elle doit avoir un ou deux ans de plus que moi, elle est mariée alors que je suis célibataire. Pas vraiment par choix, męme si cela peut ętre rigolo de temps en temps : non, je n’ai pas encore trouvé l’âme sour. Nous sommes suffisamment proches pour partager toutes sortes de choses, et nous parlons assez librement de nos vies amoureuses respectives. De ce côté-lŕ, je dois dire que Sylvie est bien tombée avec Philippe, son mari, quoiqu’il soit définitivement un peu… original. En tout cas davantage que les amants que j’ai pu avoir ! De passage chez eux, Sylvie m’a montré les cordes avec lesquelles il l’attache parfois… Cela a éveillé une certaine curiosité en moi, mais je ne me suis jamais sentie assez proche d’un de mes partenaires pour lui permettre de me faire ça !

De temps en temps, je me demande ŕ quoi ressemblerait une nuit dans les bras de Philippe. Cela reste du domaine du fantasme, bien sűr, ce qui compte le plus pour moi, c’est mon amitié avec Sylvie. Mais il est beau gosse, pas vraiment un physique de star, mais mignon, et trčs, trčs sűr de lui. Quand on est dans la męme pičce que lui, on ne peut pas faire abstraction de sa présence. Alors, cela ne fait de mal ŕ personne de se laisser aller ŕ ce genre de pensées de temps en temps. J’imagine que je ne suis pas la seule femme au monde ŕ fantasmer sur le mec de sa meilleure amie. Si elle n’était pas avec lui, oů si nous n’étions pas de si bonnes copines, ce serait différent, mais les choses sont ce qu’elles sont et ce n’est pas la peine d’épiloguer sur le sujet.

D’autant plus que je commençais ŕ voir réguličrement un mec pas trop mal. Justement ce vendredi nous devions sortir en couple avec Philippe et Sylvie, ŕ l’occasion d’une fęte que donnaient des collčgues de Philippe dans un bar-boîte en vogue. Mais bien sűr, nous nous sommes disputés, et il a décidé de ne pas venir. Je suis assez sentimentale de temps ŕ autre, et c’est les larmes aux yeux que j’ai appelé Sylvie pour lui dire que j’annulais. Mais elle a insisté pour que je sorte simplement avec eux deux.

– Ça te changera les idées ma belle, et cela fera plaisir ŕ Philippe. Sortir avec deux superbes créatures comme nous, il sera aux anges, un vrai coq en pâte !
– Hum, j’espčre que sa poule saura le tenir.
– Ne t’inquičte pas pour ça !

Sans doute déridée par sa bonne humeur et la perspective d’une bonne soirée aprčs tout, je rajoutai du tac au tac :

– Et comment est-ce que tu vas le tenir, la prochaine fois qu’il sera dans ton lit et qu’il pensera ŕ moi ?
– Ah, ah ! Mademoiselle a ses ambitions… Ma foi, peu m’importe d’oů lui viennent ses désirs, tant que j’en suis la bénéficiaire…
– Alors il a ce genre de désirs ?
– Toutes sortes de désirs… Pour mon plus grand plaisir !
– Je n’en demande męme pas tant. Je me contenterais d’un homme qui réalise que mon plaisir compte aussi.
– Alors, mets-toi sur ton trente-et-un ce soir. Qui sait ? L’amour sera peut-ętre au rendez-vous. Et puis je vais appeler quelques-uns des copains de Philippe, voir s’ils peuvent faire une apparition.
– Je croyais que tous ses copains étaient mariés eux aussi ?
– Oui, mais l’homme marié d’aujourd’hui pourrait ętre le jeune divorcé de demain…
– Et bien tu es sympa, toi ! Est-ce que tu voudrais que j’essaye de voler le mari d’une autre femme ? Comment est-ce que tu réagirais si c’était le tien que j’essayais de prendre ? – Tu ne pourrais pas, męme si tu le voulais, ma chérie. Philippe et moi nous sommes faits l’un pour l’autre. Il est tout ce que je demande chez un homme et je suis tout ce qu’il demande chez une femme. Et je te rassure, je ne veux pas que tu voles le mari de qui que ce soit. Simplement, fais comprendre aux gens que tu es disponible. Dieu sait qu’il y a des hommes mariés prisonniers d’une relation qui n’est pas pour eux.

Vous l’aurez compris, Sylvie sait ce qu’elle veut dans la vie, et ne s’embarrasse pas de conventions. Bien que je doute de la sagesse de ses conseils, je me suis quand męme fait belle ce soir-lŕ. Collants noirs, jupe courte, pas trop mais aguichante tout de męme, petite veste et un corsage révélateur, soutien-gorge noir. Je me suis surprise en me regardant dans la glace, cela faisait longtemps que je n’avais plus ressemblé ŕ la séductrice qui me faisait face. Je me disais Ť il va se passer quelque chose ce soir ť. Je ne sais pas quoi, mais quelque chose…

Sylvie et Philippe sont passés me prendre. Je me suis installée ŕ l’arričre, derričre Sylvie. Philippe conduisait. Sylvie ne pouvait pas me voir, mais Philippe oui, s’il attardait son regard dans le rétroviseur. Me remémorant notre conversation du matin, je me suis dit que j’allais m’amuser un peu. Sylvie avait dit que peu lui importait d’oů lui venaient les désirs de Philippe, et bien nous allions voir. J’ai attendu qu’il regarde dans le rétroviseur, et lui ai fait un clin d’oil. Ça a attiré son attention. Il prenait bien soin de me jeter un petit regard de temps ŕ autre pendant que les rues défilaient. Enhardie, j’ai passé ma langue sur mon doigt, doucement, puis posé le doigt sur mes lčvres, en signe de silence, avant de lui lancer un baiser aérien. Il ne devait plus savoir oů se mettre.

Nous sommes allés dans le bar-boîte en question, La Favela Chic. L’ambiance commençait ŕ y devenir chaude, et je pense que nous avons eu la derničre table libre dans la boîte. J’ai rencontré pas mal de monde, la plupart des hommes mariés, c’est vrai, mais aussi quelques célibataires. Rien de bien fascinant cependant, mieux que de rester seule devant sa télévision, mais pas le genre de soirée qui allait bouleverser ma vie. Sylvie et Philippe m’ont déposée chez moi vers deux heures du matin, tout aussi seule que je l’avais été en début de soirée. Alors qu’elle me faisait la bise, Sylvie me dit :
– On se fait un déjeuner cette semaine, d’accord ?
Bien sűr, je répondis :
– D’accord, appelle-moi.
Et voilŕ, au dodo !

Elle m’a appelé le lendemain, et c’est prčs du Bon Marché que nous avons déjeuné en terrasse le jeudi suivant.

– Ma fille, tu as affolé tous ces pauvres mâles l’autre soir. Tu devrais entendre les commentaires qu’ont faits ses copains ŕ Philippe. Ils voulaient tous savoir oů il t’avait cachée ces derničres années.
– Vraiment ?
– Je te le jure. Plusieurs d’entre eux ont rappelé Philippe au bureau hier pour lui poser des questions sur la superbe fille qui était avec lui, et demander si je n’étais pas jalouse…
– Et bien ça fait plaisir. Dommage qu’ils ne soient pas libres.

Le déjeuner s’est poursuivi, la conversation allant d’un sujet ŕ l’autre, quand Sylvie me demanda alors que le café arrivait sur la table :
– Aurore, j’ai quelque chose ŕ te demander, quelque chose de sérieux.
– Vas-y, ne fais pas d’histoires, on peut tout se dire depuis le temps.
– On est amies depuis longtemps maintenant. Tu sais ŕ peu prčs tout ce qu’il y a ŕ savoir sur Philippe et moi.
– Oů veux-tu en venir ? Ça ne va pas avec Philippe ?
– Non, non, c’est le nirvana avec Philippe. Justement. Mais quoi que je te dise maintenant, je veux que tu me promettes de ne pas le répéter.
– D’accord, bien sűr.
– Voilŕ. C’est bientôt l’anniversaire de Philippe. Je veux lui offrir un cadeau mémorable, exceptionnel. Une nuit qu’il n’oubliera jamais.
– Si j’étais toi je ne m’inquiéterais pas de ce côté-lŕ, il me semble que tu lui en prodigues réguličrement…
– Tu es sympa, mais je veux quelque chose d’encore mieux. OK, je vais le dire, ce n’est pas facile – un soupir de sa part. Je veux lui offrir une nuit avec deux femmes.

J’ai cru que j’allais tomber de ma chaise. J’ai pris une seconde pour réfléchir ŕ ce qu’elle venait de dire.

– Si je comprends bien, tu veux que Philippe, toi et moi couchions ensemble ? Tu veux qu’on fasse un ménage ŕ trois, c’est ça ?

– Je sais que tu es attirée par lui physiquement. Et je crois qu’il n’y a pas de doute que tu lui plaises. Et tu es la seule femme que je connaisse ŕ laquelle je fasse suffisamment confiance pour lui proposer quelque chose de ce genre, et pour lui donner un tel secret ŕ garder. Ne me réponds pas tout de suite. Réfléchis, on se parle lundi matin, et tu me diras ŕ ce moment-lŕ. On se retrouve ici pour déjeuner. Si c’est oui, c’est oui, et si c’est non, c’est non. Et je te promets que je ne t’en voudrais pas.

Lŕ-dessus, nous avons réglé l’addition ; je ne savais plus trop quoi dire. Elle m’a fait la bise et elle est partie, tandis que je m’attardais quelques minutes de plus avant de m’en aller ŕ mon tour, les jambes un peu cotonneuses.

Évidemment, je n’ai pas pu m’empęcher de penser ŕ sa proposition tout le reste de la semaine, et le weekend par-dessus le marché. Je n’avais pas de doutes : coucher avec Philippe ne serait pas une corvée, ni męme quelque chose que je ferais pour rendre service ŕ Sylvie. Non, ce serait un vrai plaisir pour moi. Faire cela avec Sylvie… Lŕ j’étais moins sűre de moi. Enfin, je ne voulais pas créer de problčmes entre Sylvie et moi – aprčs.

J’étais toute nerveuse lorsque nous nous assîmes pour déjeuner le lundi suivant, et je décidais de m’ouvrir franchement ŕ elle de mes doutes.

– Tu ne vas pas créer de problčmes entre Philippe et moi, quoi que tu décides.

Son ton était assuré.

– Et s’il devenait obnubilé par moi ? S’il voulait te quitter pour moi ?
– Cela me paraît peu probable, nous sommes trčs heureux ensemble, et il n’est pas idiot. Il verra cela comme d’avoir gagné un tour gratuit au mančge, pas comme un prétexte pour changer notre vie. En plus, je ne crois pas que tu mettrais notre amitié en péril de la sorte.
– Sylvie, c’est ton mariage, c’est toi qui joues avec le feu ici. Moi je n’ai rien ŕ perdre dans cette situation. Si tu es sűre que cela ne posera pas de problčmes, alors, oui, je dis oui, cela me tente. Mais… tu m’as dit ŕ quel point vous ętes coquins tous les deux. Qu’est-ce que tu veux faire exactement ?

Ses yeux pétillaient.

– Je savais que tu dirais oui, tu es formidable. Je veux une surprise complčte. Je veux qu’il rentre ŕ la maison et trouve deux créatures de ręve attachées, sans défense, assises sur le lit, avec une carte d’anniversaire qui pende autour de leur cou. Une carte qui lui dise quel merveilleux cadeau d’anniversaire il vient de recevoir.

Je sentais l’adrénaline me courir le long du dos.

– Qui va nous attacher ?
– Oh, ça c’est facile. Je t’attacherai d’abord, et je m’attacherai ensuite.
– Tu sais t’attacher toute seule?
– Bien sűr. C’est l’une des choses que Philippe préfčre, rentrer ŕ la maison et me trouver nue et attachée ŕ l’attendre.
– OK. Et quand est son anniversaire ?
– Ce soir.

J’étais estomaquée.

– Ce soir ? Mais qu’est ce que tu aurais fait si j’avais dit non ?
– Aurore, je ne ferais cela avec personne d’autre.
– Cela va tellement vite… Ŕ quelle heure dois-je ętre pręte ?
– Ŕ quelle heure est ce que tu finis ce soir ?
– Vers cinq heures, je pense.
– Je passe te prendre. Et ne mets pas de parfum, je ne veux pas qu’il puisse sentir ta présence avant de te découvrir sur le lit. Il rentre vers six heures trente, on aura le temps de se préparer comme il faut.

Je suis retournée au bureau, mais je ne peux pas dire que j’ai fait grand-chose durant le reste de l’aprčs-midi. Je suis sortie en papotant avec mes collčgues, l’air de rien, mais je me suis un peu crispée quand j’ai vu la Clio bleue de Sylvie qui m’attendait devant une boutique d’en face. J’ai respiré un grand coup, puis en voiture Simone.

– Pas de regrets ?
– Non.
Je ne le lui ai pas dit mais je commençais ŕ sentir une boule chaude se former dans mon bas-ventre, ŕ la fois intimidante et excitante.

– Super. Je t’adore. En route.
La circulation était désastreuse comme toujours ŕ cette heure-lŕ ŕ Paris, et il nous a fallu prčs de quarante minutes pour arriver chez elle.

– Pas le temps de faire de longs discours, il va rentrer vers six heures, on a juste le temps ; viens, suis-moi ŕ la salle de bains.

Elle avait deux cartes d’anniversaire et des marqueurs sur sa commode, avec un tissu fin pour faire collier. Elle m’en tendit l’une, attrapa l’autre.

– Ŕ toi d’écrire dans celle-lŕ.
– Que veux tu que j’écrive ?
– Écris : – je commençai ŕ écrire chaque mot alors qu’elle me dictait la phrase – Philippe, je suis ton cadeau d’anniversaire. Use de moi comme il te plaira. Je suis ton esclave pour la soirée. Joyeux anniversaire, Aurore.

Je regardai ce que je venais d’écrire et je ne le croyais pas moi-męme. J’avais une boule de feu dans les entrailles, et je sentis que je commençai ŕ mouiller de désir alors męme que ma peur grandissait.

– Waou ! Je n’arrive pas ŕ croire que je viens d’écrire cela !
– Tu peux encore abandonner, tu sais. Il n’est pas trop tard. Mais décide vite, car dans une minute…

Elle avait toutes sortes de cordes et autres ustensiles ŕ la main.

– Non, j’en suis, je suis juste un peu nerveuse, c’est tout.
– Parfait. Déshabille-toi.

Elle m’entraina dans la chambre.

– Garde ton soutien-gorge et ta culotte, c’est tout, cela lui plaira de les enlever lui-męme.

Elle faisait de męme pendant que je m’affairais. Puis elle ouvrit un tiroir et me tendit un soutien-gorge ŕ enfiler ŕ la place du mien.

– Mets celui-lŕ, il devrait t’aller. Il est sans bretelles. Comme ça il peut te l’enlever sans te détacher.

Je me rendis compte que le sien l’était aussi.

– Tourne-toi, trčs bien.

Elle attacha mes mains solidement derričre mon dos, me fit asseoir au bord du lit, puis se mit ŕ genoux, le visage ŕ quelques centimčtres de ma jambe, avant de m’attacher les chevilles. Enfin elle se leva avant de se saisir d’un objet que je ne pouvais identifier : en cuir avec une boule de couleur.

– Qu’est-ce que c’est ?
– Ça ? C’est pour que tu ne poses plus de questions, dit-elle avec un grand sourire. En fait c’est un bâillon pour que tu ne parles plus du tout.
– Est-ce que je peux te poser une question avant que tu ne me le mettes ?

Elle me répondit sur un ton faussement autoritaire :

– Une et une seule.
– Nous allons ętre les esclaves de Philippe. Et si… Et s’il veut nous voir… Enfin, et s’il nous demande de nous faire l’amour l’une ŕ l’autre ?

Elle s’approcha de moi, mis son bras autour de moi. Elle positionnait la boucle du bâillon mais je ne m’en rendais pas encore compte.

– Aurore, on est amies depuis trčs longtemps. C’est une des rares choses que nous n’avons pas faites ensemble. Ouvre la bouche ! – elle introduisit la boule de latex rose dans ma bouche. Ce soir, ce que veux Philippe, il l’aura.

Puis elle serra le bâillon, et je ne pouvais plus rien dire du tout. Je n’aurais pas pu le cracher si je l’avais voulu. Ce truc-lŕ n’était pas qu’un visuel. C’était pour de vrai.

Elle s’en fut écrire sa propre carte sur la commode, la plaça autour de son cou. Puis elle prit la mienne et la passa autour du mien. Je savais trčs bien ce que disait cette carte, j’avais l’impression qu’elle brűlait sur ma poitrine.

Sylvie pris plus de corde et un autre bâillon. Elle attacha d’abord ses chevilles, puis mis en place son bâillon. Enfin elle referma une paire de menottes sur ses poignets, dans son dos. Je n’en voyais pas la clef. Et nous commençâmes ŕ attendre.

L’attente ne dut pas ętre longue mais il me sembla qu’elle durait pour toujours. Sylvie avait placé son radio-réveil de telle sorte que nous ne pouvions pas le voir. J’avais tout le temps de la regarder. Elle était belle, mais n’avait pas l’air plus rassurée que moi. La réalité s’installait petit ŕ petit : je n’allais pas coucher avec Philippe, j’allais coucher avec Philippe et Sylvie. Je regardai ses chevilles, ses genoux, son string noir derričre lequel se cachait son sexe. Je regardai ses seins, puis nos regards se sont croisés. Nous ne pouvions bien évidemment pas parler ŕ cause des bâillons, mais je sais qu’elle savait ce ŕ quoi je pensais. Elle inclina sa tęte, et son visage vint toucher le côté du mien en une caresse. C’était la communication silencieuse la plus claire que nous ayons jamais eue.

J’ai entendu Philippe entrer dans l’appartement. Il n’est pas venu immédiatement dans la chambre. Il avait l’air de se détendre au salon, et lança un Ť Sylvie tu es lŕ ? ť Finalement aprčs quelques minutes je l’entendis parcourir le couloir. Ŕ ce moment lŕ, si j’avais pu courir et m’enfuir, je l’aurais fait. Je me sentais honteuse, presque nue et attachée sur ce lit, avec une carte d’anniversaire qui me pendouillait autour du cou. Philippe est entré dans la pičce, assez distraitement. Puis il nous a vues. Il lui a fallu une seconde ou deux pour comprendre la situation. Au début je ne pouvais pas lever les yeux et regarder son visage. Puis il resta ŕ ne rien faire, nous regarder, nous dévorer du regard. Aprčs une minute, et quelle minute, il se rapprocha. Il plaça une main sous mon menton, l’autre sous celui de Sylvie, et nous fit le regarder bien en face.

– Je crois qu’un piano m’est tombé sur la tęte en bas dans la rue. Et je me suis réveillé au paradis, c’est bien cela ?

Puis il fit un pas en arričre et nous contempla – je crois que c’est vraiment le mot – avant d’ajouter :

– Et bien il me semble qu’il vaut mieux que je profite de toute cette beauté avant que je ne me réveille dans mon lit d’hôpital.

Il a ouvert la carte qui pendait autour de mon cou, son autre main me maintenant toujours le menton pour me forcer ŕ le regarder. Il l’a lue ŕ voix haute, a fait une pause avant d’en répéter la fin.

– Ť Use de moi comme il te plaira. Je suis ton esclave pour la soirée. ť Et bien, il va falloir que je m’applique ŕ bien profiter de cette occasion peu banale…

Il arracha la carte de mon cou, je ressentis un petit coup sec sur la nuque alors que le tissu craquait, et l’envoya voler sur la commode. Il avait l’air terriblement sűr de lui. Puis il prit la carte de Sylvie et la lut ŕ haute voix elle aussi. Il n’eut pas besoin de lui soulever le menton, il lui dit simplement d’un ton ferme :

– Regarde-moi.

Visiblement elle savait lui obéir lorsqu’elle se retrouvait attachée ŕ subir son bon plaisir. La carte de Sylvie était écrite de façon un peu différente de la mienne. Elle disait :

– Ť Philippe, nous sommes ton cadeau d’anniversaire. Tu peux nous faire ce qu’il te plaît, ou nous demander de te faire ce qu’il te plaît, ou enfin, si tu le désires, nous faire faire l’une ŕ l’autre ce que bon te semblera. ť

Il y avait autre chose encore, mais je ne m’en souviens plus. J’étais éberluée qu’elle ait écrit cela. Si Philippe n’allait pas franchir le pas de par lui-męme, maintenant il n’y avait désormais plus de doute qu’il nous ferait faire l’amour l’une ŕ l’autre !

Il s’est déshabillé en face de nous, en prenant tout son temps. Il avait déjŕ une érection massive. Son sexe semblait gonflé d’impatience. Il s’installa juste en face de moi, enleva mon bâillon, et introduisit immédiatement son sexe dans ma bouche. Je l’ai sucé, il était frais et dur, savoureux et plein d’ardeur. Je lui ai fait la meilleure pipe que j’ai jamais donnée, quand bien męme je n’avais pas l’usage de mes mains. Il me regardait, puis regardait Sylvie, lui caressait le visage avec douceur. Il continua ŕ la caresser alors qu’il jouissait dans ma bouche. Je n’arrivai pas ŕ tout avaler, et une bonne partie de son sperme coula sur mes seins, sur mon menton. Je ne pouvais pas l’enlever bien sűr, étant toujours attachée. Philippe enleva le bâillon de Sylvie et lui dit simplement :

– Nettoie-lŕ.

Sylvie s’est penchée vers moi et a commencé avec mes seins, les léchant jusqu’ŕ ce qu’il ne reste plus une trace du sperme de Philippe. Puis elle est remontée vers ma gorge, mon visage. Elle fit exactement ce qu’il lui avait demandé. Une fois qu’elle eut terminé, il sourit, et remit mon bâillon en place. Puis il enleva mon soutien-gorge et l’envoya rejoindre les cartes d’anniversaire. Il caressa mes seins, pinça légčrement mes tétons. C’était bon et trčs excitant, car je n’avais aucune idée de ce qui allait se passer ensuite. Il détacha mes chevilles, et me dit de me lever. Il fit rouler Sylvie sur le lit, et la positionna ŕ genoux devant moi. Il lui dit :

– Enlčve sa culotte.

Ce ne fut pas facile pour elle. Elle était encore attachée, naturellement. Elle s’y reprit ŕ plusieurs fois pour attraper le haut de ma culotte entre ses dents. Et plusieurs autres avant de parvenir ŕ me la retirer, et ŕ la faire passer par-dessus mes hanches, et jusqu’au sol. Philippe détacha mes chevilles, et je quittai ma culotte. J’étais complčtement nue. Sylvie s’était assise par terre. Philippe lui dit :

– Attrape sa culotte et donne-la-moi.

Sylvie mit son visage au niveau du sol, et attrapa ma culotte, la déposa dans sa main.

Philippe nous dit :
– Je vais vraiment prendre plaisir ŕ tout ceci.

Il prit mon bras, me fit asseoir sur le lit. Puis il se retourna vers Sylvie et lui dit :

– Sylvie, ma chérie, je veux que tu dises ŕ Aurore ce que tu m’as dit aprčs notre soirée ŕ la Favela l’autre soir.

Sylvie lui jeta un regard qui semblait dire qu’il venait d’enfreindre une des rčgles du jeu. Mais il reprit :

– Tu sais de quoi je parle. Je veux que tu lui dises tout. Vas-y.

Sylvie retrouva sa voix.

– Je… je lui ai dit que je pouvais facilement comprendre pourquoi tous ses amis étaient attirés par toi. Que tu étais belle, que moi aussi je me trouvais attirée par toi, et que j’aurais envie de faire l’amour avec toi moi aussi. Je ne le pensais pas vraiment quand je l’ai dit. C’était plus une blague qu’autre chose. Mais plus j’y ai pensé, plus je me suis rendu compte que je voulais vraiment le faire.

Philippe dit :

– Je crois qu’il est temps pour notre invitée de recevoir sa part de plaisir. Tu ne penses pas ?

Sylvie baissa le regard et répondit :

– Oui.

Philippe lui dit quoi faire.

– Commence par lui baiser les pieds, prends ton temps.

Elle commença ŕ exécuter les instructions de Philippe, ŕ la lettre pendant qu’il contemplait le spectacle.

– Maintenant remonte vers ses genoux. Oui, voilŕ trčs bien. Maintenant demande-lui. Tu sais ce que tu veux lui demander. Fais-le.

Sylvie me regarda droit dans les yeux.

– Aurore – une pause -, je veux, je veux te faire un cunni, je veux lécher ta chatte.
– Ne réponds pas, Aurore – encore la voix dominatrice de Philippe. Pas encore. Je veux qu’elle te supplie vraiment. Je veux l’entendre te supplier. Supplie, Sylvie.
– Je t’en prie, laisse-moi te sucer la chatte.
– Tu peux faire mieux que ça. Dis-lui tout ce que tu m’as dit l’autre soir.

Sylvie se mit ŕ me supplier entre les baisers qu’elle prodiguait ŕ mes cuisses, mes mollets, en essayant de se rapprocher de mon entrejambe.

– Je veux te faire ça depuis longtemps. Je veux te goűter, je veux d’entendre gémir de plaisir sous ma langue, je veux te faire jouir, je t’en prie.

Philippe me caressait le visage.

– Tu peux lui répondre maintenant que les choses sont claires. Il va te falloir hocher la tęte, j’en ai peur. Alors oui ou non ? Est-ce que tu veux que Sylvie te fasse jouir, ma belle ?

Mon corps était aux commandes, mes passions dominaient clairement sur ma raison. Voir Sylvie baiser mes jambes, me regarder, mendier le droit de me donner du plaisir m’avait mis dans un état second. J’ai violemment hoché la tęte. Je voulais crier, oui, oui lčche-moi, fais-moi jouir, je te veux.

Sylvie se mit ŕ remonter vers mes lčvres intimes. Philippe se positionna derričre moi, les bras autour de mes épaules pour avoir une meilleure vue. La langue de Sylvie entra en contact avec mon clito juste alors que Philippe enlevait mon bâillon ŕ nouveau. Il était dur ŕ nouveau.

– Aaaaah !

J’ai crié. C’était bon, trop bon et trop beau.

Philippe remit son sexe dans ma bouche alors que Sylvie s’empressait de m’emmener vers le septičme ciel. Peut-ętre que Sylvie n’avait jamais fait cela avant, mais elle est une femme, et elle savait clairement ce qui pouvait faire du bien ŕ une femme. Ou alors, elle apprenait trčs, trčs vite. Je me débattais contre les liens qui emprisonnaient mes bras, je voulais prendre son visage ŕ pleines mains. Le désir que j’avais de l’embrasser, je le reportais sur le sexe de Philippe qui prenait ma bouche d’assaut. Mes yeux alternaient entre le regard ravi de Philippe qui dominait au-dessus de moi, et les cheveux de Sylvie qui enfouissait son visage entre mes jambes. Aprčs un moment je dus rejeter le sexe de Philippe. Il me fallait respirer, je recommençai ŕ crier mon plaisir.

– Oui, oui, c’est bon, oui, ah ! alors que Sylvie me torturait impitoyablement, sa langue toujours plus présente sur mon clitoris.

Et puis ce fut l’orgasme, fort et long. Je tombai en arričre, sur le dos, les yeux clos.

Alors que je me remettais de mes émotions, je me rendis compte que Philippe était pręt ŕ davantage d’action. Il détacha Sylvie complčtement et ils passčrent un bon moment ŕ s’embrasser et ŕ se serrer l’un contre l’autre. Sylvie en profita pour enlever son string et son soutien-gorge. Ils étaient tous les deux devant moi et Sylvie commençait de sucer Philippe quand il me regarda et me demanda :

– Est-ce que tu veux la remercier du plaisir qu’elle vient de te donner ?

Lŕ encore, je hochai la tęte. Oui, je voulais lui donner ce qu’elle m’avait donné.

– Trčs bien. Mais nous allons faire les choses un peu différemment. Sylvie, vient ici.

Philippe prit une chaise, s’assit, et positionna sa femme dos ŕ lui. Elle comprit tout de suite ce qu’il voulait, et accueillit immédiatement son sexe dans sa chatte, avant de débuter un lent mouvement de va-et-vient.

– Aurore, je veux que tu te mettes ŕ genoux devant nous. Pendant que je baise Sylvie, je veux que tu la lčches, que tu la fasses jouir encore plus fort que ce que je peux lui donner.
– Oui, je veux bien.

Seules mes mains étaient encore attachées, il ne me fut pas trčs difficile de me mettre en position, et de débuter mon ouvre.

C’était surréel de voir le sexe de Philippe la pénétrer encore et encore, le męme qui, quelques minutes plus tôt, était dans ma bouche. J’étais fascinée, mais je trouvai bientôt mon rythme sur le clito de Sylvie, aidée par ses cris. Ses mains étaient libres, elle, et elle en profitait pour me coller la tęte contre leurs sexes. Elle hurlait véritablement de plaisir.

– Oui, oui, oh mon dieu, oui, je… je… oui, oui, baise-moi, baise-moi, oui prends-moi, ho, ah, ah…

Ses cris allaient crescendo vers l’orgasme.

– Ne t’arręte pas, non, oui, suce-moi, ne t’arręte pas, suce ma chatte, encore, encore. Oui, Oui, OUI !

Quand son orgasme la submergea, Sylvie se laissa aller en avant, attrapa mon visage ŕ pleines mains en m’embrassant avec force. Ses yeux brillaient.

– C’était trop bon, Aurore, c’était merveilleux. Je t’adore.

Philippe était encore raide et plein d’ardeur, il n’avait pas encore joui. Sylvie reprenait de la contenance petit ŕ petit, elle s’en fut embrasser Philippe, et elle lui dit :

– Tu as été aux petits soins pour notre invitée, chéri. Je crois que tu devrais profiter un peu davantage d’elle. Elle voulait ętre ton esclave aprčs tout. Peut-ętre devrais-tu la traiter un peu comme telle.
– Tu as peut ętre raison. Mais une esclave de luxe comme cela, il faut y mettre les formes…

Il prit un ton trčs dur tout d’un coup.

– Tourne-toi, esclave.

Toujours ŕ genoux, je lui tournai le dos. Il me poussa en avant.

– Le visage au sol, ma belle. Je veux voir tes fesses bien perchées en l’air. C’est ça, comme ça. Écarte les jambes.

J’étais face au sol, mes fesses ŕ l’air, totalement exposée. Philippe me donna une claque sur les fesses. Puis une autre. J’étais totalement prise par surprise. Immédiatement, il s’introduisit en moi, et me baisa fort en levrette. Il était presque violent, visiblement totalement désintéressé par mon plaisir, ses mains accrochées ŕ mes hanches, et il allait de plus en plus vite. Les mains attachées, je n’étais pas ŕ l’aise du tout, et pourtant je sentais mon plaisir monter de plus en plus fort. Sylvie se mit aussi ŕ caresser mon clito et ŕ le stimuler ŕ la main. Aprčs quelques minutes de ce traitement, j’ai eu un autre orgasme. Je sentais que Philippe était proche de l’orgasme lui aussi, et je lançai mes fesses ŕ la rencontre de son sexe. Mais il se retira abruptement.

– Pas encore, ma belle, pas encore. J’ai d’autres projets pour toi. Je veux que cela en vaille vraiment la peine.

Il se mit ŕ arpenter la pičce pendant quelques minutes, pour diminuer son excitation j’imagine. Puis il dit :

– Sylvie, passe-moi le lubrifiant, s’il te plait.

Il se mit juste devant moi et enduisit son sexe de lubrifiant. Je n’avais gučre de doutes sur ce qui occupait ses pensées.

Il introduisit son sexe dans mes fesses, avec assez de douceur, jusqu’ŕ ce qu’il me remplisse complčtement. Puis il commença ŕ bouger doucement, avant d’accélérer son rythme. Bientôt il me baisait avec force, et ponctuait ses efforts d’une claque sur mes fesses de temps ŕ autre. Je criai, ŕ la fois de plaisir et de douleur, la sensation qu’il me procurait était désagréable et intense ŕ la fois. Enfin il jouit au fond de moi, et s’effondra sur mon dos. Nous roulâmes au sol tous les deux. Sylvie me détacha les mains et s’allongea ŕ côté de moi, me caressant les cheveux. Nous sommes restés lŕ, tous les trois, pendant un bon moment…

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